Christina y los Subterráneos, "Que me parta un rayo" (WEA 9031-76518-1 FRANCIA)



Après avoir sorti son dernier album, intitulé La joven Dolores, en 2011, la toujours jeune Christina Rosenvinge paraît récolter la reconnaissance indiscutable de toute une carrière d’indépendance et liberté créative. En effet, la critique spécialisée, même si elle était habituée à ses bonnes productions, a été étonnée par la qualité de son dernier disque, dont le magazine Rolling Stone en parle comme chef-d’œuvre.

Pourtant, la carrière de Christine Rosenvinge ne se borne pas qu’à un seul disque. Effectivement, nous parlons d’une musicienne avec un parcours surprenant. Elle commence dans la Movida Madrileña, mots avec lesquels on connaît le phénomène musical apparu en Espagne après la mort du dictateur, le Général Franco, c’est-à-dire pendant l'années 80, qui à signifié l’apparition d'innombrables groupes irrévérencieux et contestataires dans la musique et tous les arts. Puis, elle poursuit, pendant la décennie suivante, avec la production d’une série de hits qui lui ont donné le succès commercial en Espagne et en Amérique Latine, mais qui, au contraire de ce que l'on peut penser, la pousse au silence et au l'auto-exil aux États-Unis où elle produit sa trilogie anglo-saxonne. Enfin, elle se réconciliera avec sa langue, son pays natal et, en conséquence, retournera à la scène espagnole.

Christina Rosenvinge, dont son père est danois et sa mère anglaise, a débuté comme chanteuse et compositrice dans le groupe Ella y los Neumáticos, avec lequel elle enregistre un EP homonyme. Puis, elle forme avec Alex de la Nuez, le groupe Magia Blanca qui finit pour devenir le duo nommé Alex y Christina. Ensemble, les deux jeunes enregistrent deux disques, Alex & Christina ( 1987) et El ángel y el diablo (1989). Cependant, elle connaîtra le succès lorsqu’elle commencera sa carrière solo.

C’est en 1991 qu’elle forme son groupe Christina y los Subterráneos, dont leur premier disque l’homonyme apparu l’année suivante a eu beaucoup de succès non seulement en Espagne mais encore dans toute l’Amérique Latine, en obtenant des ventes extraordinaires. C’est précisément au Chili qu'elle obtient l’Antorcha de Plata au Festival de Viña del Mar, le plus ancien et important festival de musique en espagnol.

Deux ans après, le groupe enregistre son deuxième album qui signifie le début de son éloignement des circuits commerciaux mais dans lequel on trouve son dernier hit, c’est-à-dire, « Pálido ». Cette année là elle connaît Lee Ranaldo, guitariste de Sonic Youth, qui influerait fortement sur sa carrière. Après trois ans de silence, elle revient, en 1997, avec la production Cerrado, un disque introspectif et incompris à l’époque, mais qui à la fin a eu une influence sur plusieurs jeunes interprètes et musiciens, dont Julieta Venegas.

En 1999, elle déménage à New York où Lee Ranaldo et Steve Shelly, tous les deux de Sonic Youth, l’introduisent dans le circuit indie de la ville. C’est précisément Steve Shelley qui enregistre sa trilogie anglo-saxonne dans son label Smells Like Records, de sorte que sont apparus : Frozen pool (2001), Foreing land (2002) et Continental 62 (2006), dans ce dernier elle se rapproche de ses racines. 7 ans sont passés depuis son arrivée aux États-Unis. La relation avec son mari, l’écrivain, Ray Loriga, avec qui elle a eu deux enfants, venait de se casser. Il fallait rentrer.

De nouveau en Espagne, elle enregistre avec son nouveau copain, l’auteur-compositeur Nacho Vegas, le disque Verano Fatal (2007), qui est reçu avec intérêt pour leurs fans espagnols. Néanmoins, c’est avec l’album suivant Tu labio superior et son EP Tu labio inferior, tous les deux, enregistrés en 2008, que nous trouvons une autre fois Christina en pleine forme. À savoir, l’album est considéré comme le disque de l’année par le magazine Rockdelux.

L’année dernière, après avoir produit La joven Dolores, qui a compté avec des collaborations illustres, dont Steve Shelley, Georgia Hubley (Yo la tengo), Aurora Aroca (Boat Bean), Benjamin Biolay, et qui a été consideré comme son disque le plus littéraire, on a pu voir la publication d’Un caso sin resolver, une anthologie qui essaie de résumer toute sa passionnante carrière musicale.

Donc, je vous présente son album Que me parta un rayo de 1992, qu’elle signe comme Christina y los Subterráneos et qui a représenté l’internationalisation de la chanteuse au début des années 90’s, dont ses hits « Tú por mí », « 1000 pedazos » et « Voy en un coche ».

Commentaires